Propositions de réforme:

Qu'est-ce qui ne va pas avec le COTY ?

Avez-vous déjà compris ce que signifient les différentes catégories du COTY ? Je peux encore imaginer ce que signifie « innovant », mais toute bonne pièce n’est-elle pas artistique ? Et que signifie « inspirante », au juste ? D’ailleurs, qui peut m’expliquer la différence entre la meilleure pièce en argent et la meilleure « Crown » ? Pourquoi des pièces issues d’une même série peuvent-elles parfois remporter un prix dans une catégorie, puis dans une autre ? Qui sélectionne les pièces que le jury évalue ? Qui les répartit dans les différentes catégories ? Et comment se compose le jury chargé de juger les pièces ?

En d’autres termes : comment se fait-il que les mêmes ateliers monétaires remportent sept catégories du COTY deux années de suite ?

La Monnaie d’Autriche et la Monnaie de Paris, grandes gagnantes du COTY – non pas en 2026, mais en 2025. Photo : UK.

Ces catégories, c’est n’importe quoi !

Pour commencer par la critique essentielle : ces catégories sont des absurdités issues de l’histoire, qui avaient pourtant tout leur sens lors de leur création. En effet, lorsque la plupart de ces catégories ont été définies, les pièces commémoratives étaient frappées selon la même technique que les pièces de circulation. C’est pourquoi le design et le matériau étaient au centre de l’attention. Sans oublier la taille – c’est elle qui définit la meilleure « Crown ».

Aujourd’hui, en revanche, c’est la technique qui compte. Comment peut-on comparer une pièce fabriquée à grands frais et selon des procédés techniques très variés à une pièce produite à des dizaines de milliers d’exemplaires ?

Nous avons donc besoin d’une réforme véritablement fondamentale des catégories. Se contenter d’ajouter une catégorie ou d’en supprimer une ne sert à rien. Nous devons passer du motif à la technique de frappe. Le relief de frappe, par exemple, fait toute la différence ! S’agit-il d’une frappe en haut-relief ou d’une frappe de qualité courante avec un relief d’environ 0,5 mm ? De la couleur a-t-elle été appliquée ou non ?

Ou bien on peut distinguer les pièces en fonction de leur usage : pièce de circulation, pièce d’investissement et pièce de collection. Dans le cas des pièces de collection, il serait d’ailleurs judicieux de créer différentes catégories en fonction du tirage. Jusqu’à 1 000 exemplaires, jusqu’à 10 000 exemplaires, plus de 10 000 exemplaires. Ou préférez-vous une classification selon les hôtels de monnaie publics et privés ?

 

Une limitation des candidatures

La Monnaie d’Autriche et la Monnaie de Paris font régulièrement partie des hôtels de monnaie qui dominent le COTY. Les raisons en sont très diverses. Dans le cas de la Monnaie de Paris – tout comme d’ailleurs celui de la Monnaie royale canadienne, lauréate régulière qui, curieusement, est repartie les mains vides ces deux dernières années –, cela pourrait s’expliquer par le fait que chacune de ces deux monnaies frappe à elle seule, en un trimestre, autant de types et de variantes de pièces de collection que 10 monnaies européennes moyennes réunies en un an. Bon, je ne les ai pas comptées. Il s’agissait d’une estimation (probablement exagérée). Mais quand même : celui qui frappe beaucoup a automatiquement plus de chances de remporter le COTY.

On peut souhaiter cela. Dans ce cas, c’est acceptable. Ou bien on peut souhaiter une plus grande diversité parmi les lauréats. Dans ce cas, le nombre de candidatures par atelier monétaire devrait être limité.

 

La loi de la série

À la Monnaie autrichienne, la situation est un tout petit peu différente. Elle n’est pas liée à son importante production. À Vienne, on a délibérément décidé, dans l’intérêt des collectionneurs, de ne présenter « que » 20 émissions par an. Mais certaines séries sont tout simplement si réussies que leurs émissions raflent un COTY année après année.

Peut-on vraiment qualifier cela de problème ? Je pense que oui. Car un nombre (trop) élevé de distinctions dévalorise n’importe quel prix.

Le meilleur exemple en est la série « Niob » de la Monnaie autrichienne, qui a à elle seule remporté plus de prix que d’autres ateliers de frappe au cours de toute leur histoire. Les pièces Niob ont remporté à onze reprises le titre de meilleure pièce bimétallique au monde ! Et ce, sept fois d’affilée entre 2020 et 2026. Personne n’est plus surpris ni ravi lors de la cérémonie de remise des prix lorsqu’une des pièces Niob, véritablement réussies, remporte à nouveau un prix. C’est devenu une évidence – et c’est regrettable.

Les pièces Niob en sont le meilleur exemple, mais pas le seul. On observe actuellement un phénomène similaire avec les pièces de la série « Fascination de l’Univers » et de la série qui lui a succédé, « Beauté de l’Univers ». Honnêtement, je trouve que la combinaison des formats « Special Shape » et « Curved », associée à une application de couleur géniale, est elle aussi incroyablement réussie. Mais le fait que cinq des six pièces de cette série aient remporté un COTY – tantôt dans la catégorie de la pièce la plus innovante, tantôt dans celle de la meilleure pièce en argent, tantôt dans celle de la pièce la plus artistique –, je trouve cela contre-productif. Ah oui, j’ai oublié de mentionner que deux éditions de la série ont remporté le titre de grande gagnante.

Vous pensez que je me suis focalisé sur l’exception ? Mais non, cela arrive régulièrement, même avec des pièces « tout à fait normales » sans fioritures techniques. Ainsi, deux des trois éditions de la série « L’or blanc du Salzkammergut » ont remporté un COTY dans la catégorie « importance historique ». Le fait que les trois n’aient pas toutes été récompensées tient sans doute au fait que deux éditions sont parues la même année…

Il est bien sûr tout à fait logique de rendre hommage au travail de développement minutieux et aux formidables graveurs qui ont façonné ces séries. C’est pourquoi je propose de modifier le règlement du COTY comme suit : les pièces d’une même série ne peuvent être présentées au COTY en tant qu’émissions individuelles que jusqu’à ce qu’elles aient remporté un prix. En contrepartie, un nouveau prix sera créé, décerné exclusivement aux séries (à partir de la 3e édition). À mon sens, une série peut alors être récompensée plusieurs fois de suite – ou simplement jusqu’à ce qu’elle remporte un COTY.

 

Ce sont les photos qui sont évaluées, pas les pièces !

Vous l’avez peut-être déjà remarqué. Je fais moi-même partie du jury du COTY, et je m’étonne toujours de voir quelle pièce est désignée comme la plus innovante. Cela peut s’expliquer de deux façons : soit je ne comprends pas en quoi la pièce récompensée est si innovante, soit les autres ne comprennent pas pourquoi celle que je préfère aurait été bien plus innovante. C’est probablement les deux à la fois, car pour comprendre une innovation, il ne suffit pas d’une photo sans commentaire, mais il faut une explication ainsi qu’une autre forme de présentation : les pièces ne sont plus depuis longtemps des objets unidimensionnels que l’on peut représenter de manière réaliste par une photo de l’avers et une autre du revers.

La forme traditionnelle sous laquelle le matériel est présenté au jury est totalement inadaptée à la catégorie « innovant ».

Pas étonnant que les deux pièces qui ont complètement révolutionné notre frappe de pièces commémoratives – je parle de la première pièce en couleur et de la première pièce en haut-relief – n’aient remporté aucun prix.

 

Comment soumet-on des pièces, au juste ?

Pour cet article, j’ai voulu me renseigner rapidement sur Internet pour savoir comment fonctionne la procédure de soumission au COTY et quel effort représente le fait de soumettre une pièce. Résultat : j’ai lamentablement échoué. Je n’ai trouvé aucune information. Juste que les organisateurs disposent d’une liste de diffusion via laquelle ils contactent leurs interlocuteurs pour leur signaler des émissions intéressantes.

Ce problème pourrait sans doute être résolu très rapidement : quelle que soit la distinction en question, il faut un site web qui explique clairement la procédure de candidature – et qui présente les lauréats précédents. Bien entendu, le processus de sélection du lauréat devrait également y être décrit en détail.

 

La qualité plutôt que la quantité !

Ce qui nous amène au jury. Sans parler du fait que, à mes yeux, les noms et les compétences des personnes chargées de la présélection doivent être rendus publics. Ce n’est certainement pas un nombre aussi élevé que possible de membres du jury qui garantit un résultat équitable, mais bien leurs connaissances et leur intégrité.

Je trouve problématique qu’un prix récompensant la meilleure pièce du monde soit décerné par un jury dominé par trois nations : les États-Unis (24 membres), l’Allemagne (15 membres) et la Chine (13 membres). À elles seules, ces trois nations représentent ainsi 48 % de l’ensemble des décideurs !

Le monde est un peu plus vaste que cela. Quelle magnifique collection de pièces est produite en Asie, par exemple ! De cette région – à l’exception de la Chine, bien sûr – ne proviennent que quatre membres du jury. L’Amérique du Sud ? Elle possède, à ma connaissance, une scène numismatique très active. Nombre de membres du jury ? Deux, tout juste.

 

Une réforme pour la crédibilité

Et cela nous amène à ma préoccupation principale : il faut une réforme du COTY – et pas seulement du COTY. Il existe de nombreux prix qui sont désormais décernés de manière quasi inflationniste dans le monde des pièces. Ils sont tous sympathiques, parfaits pour un communiqué de presse et les réseaux sociaux, mais ne jouent pas de rôle décisif par ailleurs.

La question est désormais, à mes yeux, de savoir quelle institution organisatrice de prix réussira à être la première à réformer sa distinction. Et ensuite, à convaincre le public de la crédibilité de cette distinction.

Dès que ce sera fait, nous aurons à nouveau un prix qui jouera un rôle important et déterminant dans le monde numismatique.

 

Texte et images: Ursula Kampmann

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