ロット 783. Madagascar Colonie française (1896-1958)Médaille en bronze - 1953 - Poinçon, Corne BronzeColonia Madagascarica 1665Attribué, à J. Foccart114.84g - 62mmPratiquement FDC - PCGS MS64 BN Exemplaire de la collection Hauchler Jacques Foccart, né en 1913 en Mayenne dans une famille de planteurs originaires de Guadeloupe, est résistant pendant la guerre puis monte une affaire de commerce import-export avec l'Afrique française, la Safiex, qui devient la base de sa fortune personnelle et le restera même après son entrée en politique. À partir de 1952, il est coopté par le groupe sénatorial gaulliste pour siéger à l'Union française, l'organisme censé gérer les relations entre la métropole et les colonies. C'est dans ce rôle qu'il organise, en 1953, une grande tournée africaine pour le général de Gaulle, alors retiré du pouvoir mais toujours à la tête du Rassemblement du Peuple Français et soucieux de garder un lien vivant avec l'Afrique coloniale et ses futurs dirigeants. Foccart en règle les moindres détails : étapes, escortes, rencontres, sécurité d'un homme qui n'a plus la protection de l'appareil d'État mais reste traité partout en chef de nation. Le voyage débute le 4 octobre à Tunis, en Tunisie, avant de conduire de Gaulle, le 5 octobre, à Fort-Lamy, aujourd’hui N’Djamena, au Tchad, puis à Brazzaville, au Congo. Le 6 octobre, il rejoint Tananarive, aujourd’hui Antananarivo, à Madagascar, puis se rend les 7 et 8 octobre à La Réunion, notamment à Saint-Denis, avant de revenir à Madagascar. Après une nouvelle étape à Tananarive le 10 octobre, il poursuit vers Majunga, aujourd’hui Mahajanga, le 11 octobre, les Comores le 12, Diego-Suarez, aujourd’hui Antsiranana, le 13, Tamatave, aujourd’hui Toamasina, le 14, Fort-Dauphin, aujourd’hui Tôlanaro, le 15, Tuléar, aujourd’hui Toliara, le 16, Fianarantsoa le 17 et Antsirabé le 18. Il quitte ensuite Madagascar pour Djibouti le 19 octobre, avant d’achever son périple à Addis-Abeba, en Éthiopie, où il séjourne du 20 au 22 octobre. Foccart rencontre pour la première fois à Abidjan Félix Houphouët-Boigny, futur président de la Côte d'Ivoire indépendante. Cette rencontre d'octobre 1953 est considérée aujourd'hui par les historiens comme l'acte fondateur de la relation très particulière qui unira ensuite la France à ses anciennes colonies africaines, relation que Houphouët-Boigny lui-même baptisera plus tard « France-Afrique ». La carte gravée sur cette médaille, avec ses lignes reliant les différentes étapes du continent, retrace très probablement l'itinéraire précis de ce périple, un trajet suivi une seule fois par de Gaulle et sa petite délégation, dont Foccart avait la charge de préparer et de sécuriser chaque escale. Ce voyage marque en réalité le vrai point de départ de la carrière africaine de Foccart : jusque-là simple homme d'affaires et conseiller technique de l'Union française, il en ressort comme l'interlocuteur direct des futurs dirigeants africains, un rôle qu'il occupera ensuite pendant plus de quarante ans comme conseiller de l'ombre de De Gaulle puis de Pompidou, sous le surnom resté célèbre de « Monsieur Afrique ».